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Le papier incolore, plat, anonyme commence à exister. Au tout début, il n’est qu’ondulation, vagues. Puis les déliés façonnent le rythme du creux et du plein.
Empiler, entasser, accumuler feuille par feuille et la vie commence à poindre. Elle éclot à travers les strates du temps, l’érosion du sable, de la terre par les vents et l’antique eau.
L’œuvre minérale, aquatique se déploie. Le support papier devient pierre, bois. Les feuilles de papier sont ciselées une à une et le volume créé insuffle la vie. Le mouvement éclate et devient instantané de vie. Les rapaces ouvrent leurs ailes, ils s’envolent du cadre, vivent leur propre destin et l’œuvre s’ancre dans la réalité de l’espace/temps.
Puis les poissons improbables, si incroyablement vivants, traversent le miroir du liquide mais l’eau parait ruisseler de leurs mouvements. Le temps semble suspendu. Le papier devient métal, plumes, matière magique.
Le travail du papier rentre dans le mystère de la création qui se densifie. Une architecture silencieuse sous-tend chaque œuvre. Elle donne de la force et participe à l’originalité de chacune.
La matière, papier devenu compact, donne une présence tangible, puissante et d’une grande légèreté. On touche à l’intemporalité. L’œuvre abstraite concrétise le ressenti, exprime la subtilité du sentiment. On revient au début du monde, à la naissance puis à la mutation. Il y a là, de nouveau, le végétal, le crustacée, l’histoire de la vie.
Sylvie DESCOURS